savior+

Marie-Laure de Decker

Des guerres, des batailles, des révolutions, des enfants, de la mode et les Woodabes. Visa 2006
On la dirait tout droit sortie d’une aventure de Corto Maltése. Je le tiens d’une confidence du capitaine Raspoutine. Avec sa voix aristocratique, elle a parcouru et photographié depuis l’age de 20 ans les conflits du Viêt-Nam, Tchad, Afrique du Sud, Chili, Mozambique, Russie…Puis s’est le rôle mère qui prime, exit les hostilités du monde : place à la photo de mode. Simultanément, elle fait des autoportraits qui sont autant de traces du temps et des transformations que la vie ont porté sur elle. Elle a désormais 60 ans et cela fait 4 ans qu’elle travaille sur le peuple des Woodabes, littéralement : « Le peuple de l’interdit ». Ceux-ci, Peules du Sud du Tchad, vivent de l’élevage, d’amour et de lait fraîchement trait, aux abords du Centre-Afrique. « Ils sont craints par ce qu’on dit qu’ils maîtrisent la magie ». Elle vit à leur coté avec seulement pour vivre dans la forêt, hormis son appareil photo, un tapis et une moustiquaire. Jusqu’au moment où, elle ne pèse que quarante kilos et doit s’en retourner en France. C’est l’inventaire d’une culture qu’elle enregistre. Ce furent des magnifiques expos à VISA à Perpignan et à Paris pour le mois de la photo galerie du Passage. Aussi dans notre petit reportage, elle rend hommage à son amie Françoise Claustre, récemment décédée, que « Depardon » avait mis en scène en « captive du désert » !
31