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Encore des bulles


La ville de Vichy pour la troisième année consécutive elle organise une manifestation internationale qui se tient simultanément en centre-ville, dans l’espace des galeries du Centre Culturel Valery-Larbaud, et à ciel ouvert, parvis de l’église Saint-Louis ou encore l’esplanade du Lac l’Allier. Promenade photographique, flânerie ponctuée d’images, où l’on reconnaît tantôt les traits de visages célèbres tantôt ceux de visages anonymes qui pourraient être nos proches.
PORTRAIT(s)


La manifestation se tient du 12 juin au 6 septembre 2015, Elle présente une pluralité de visions, célèbre toutes les formes de portraits, les plus classiques comme les plus inattendues. Elle s’appuie sur la tradition documentaire mais aussi sur des dispositifs plus conceptuels.


Depuis 2014, la ville de Vichy confirme également son engagement auprès de la photographie contemporaine en offrant une résidence à un artiste. Cette année c’est le photographe Turc Yusuf Sevinçli qui a arpenté un mois durant la ville et posé un regard plein d’humanité sur ses habitants.


MARTIN SCHOELLER
IDENTICAL
Connu pour ses “Close up”, des portraits cadrés très serrés de “people” qu’il fait pour le magazine The New-Yorker, Martin Schoeller met, cette fois-ci, cette même technique au service d’une sorte de jeu des sept erreurs. Dans sa récente série “Identical”, ce ne sont pas plus les grands de ce monde – acteurs, chanteurs, hommes politiques – qu’il passe au scanner de son oeil rigoureux, mais des jumeaux, voire des triplés. Face à ces visages qui offrent de spectaculaires ressemblances (et d’infimes dissemblances), la question de l’identité se pose. Qu’est-ce qui fonde un individu quand il existe un double ou plusieurs doubles de lui ? L’apparence physique devient ici source de questionnement, exigeant de chacun qu’il se redéfinisse à l’aune de critères plus intérieurs. Martin Schoeller est représenté par la A. galerie à Paris.


BRUCE WRIGHTON
AT HOME
Il y a mille façons de réinventer la street photography. Au mi-temps des années 80, à l’ère des années Reagan et des sourires carnassiers de JR Ewing, le photographe Bruce Wrighton a choisi son camp, celui des déshérités de l’Amérique qu’aucune série télé ne sanctifie. Vigiles, gardiens de parkings, forains, vieilles dames solitaires, qu’il a photographiés avec une chambre 20X25, au coin d’une rue, devant une porte, à l’angle d’un comptoir. Il a ainsi redonné un cadre et une noblesse aux anonymes, aux invisibles de Binghamton, la petite ville où il vivait dans l’Etat de New-York jusqu’à ce qu’il disparaisse prématurément en 1988, à l’âge de 38 ans. Bruce Wrighton laisse derrière lui une oeuvre étrange, à la fois désolée et incandescente, dont une trentaine de vintages couleur sont exposés à Vichy. Les photographies de Bruce Wrighton sont présentées par Les Douches La Galerie à Paris et Laurence Miller à New York


RICHARS PAK
JE NE CROIRAI QU'EN UN DIEU QUI DANSE
Il n’y a pas que les saints qui connaissent l’extase. En photographiant des femmes et des hommes assistant à des concerts, en zoomant sur leurs visages formés ou déformés par la ferveur, la transe, la fièvre ou la stupeur, Richard Pak a eu le désir, comme il le déclare lui-même, de réaliser une “photographie du sensible dont l’émotion esthétique serait la matière même”. En agrandissant les visages au point de forcer le grain et les contrastes, en adoucissant simultanément les tirages, le photographe parvient à transmettre l’émotion qui relie les êtres mais les désunit aussi, quand touché par le sublime, chacun exprime à sa façon l’intensité du moment présent et la grâce du moment vécu.


ALEJANDRO CARTAGENA
CAR POOLERS
La série “Car Poolers” du Dominicain Alejandro Cartagena obéit à un dispositif simple mais redoutablement efficace. Que montre-t-elle ? Des hommes parqués comme du bétail à l’arrière de pick-up débâchés, photographiés en surplomb. Derrière ces images répétitives, prises depuis un pont autoroutier, se dessine en creux tout un paysage social et urbain : le quotidien de milliers d’ouvriers mexicains qui chaque jour traversent Mexico du nord au sud pour aller travailler, l’expansion croissante d’une capitale devenue mégalopole, le manque de transports publics… Reconduisant invariablement le même cadrage, Alejandro Cartagena parvient subtilement à suggérer la récurrence et la monotonie de ces trajets tout en créant une série d’images formellement impeccables. Alejandro Cartagena est représenté par Kopeikin Gallery à Los Angeles.


KOURTNEY ROY
PROMISING FAILURES
Kourtney Roy est une jeune Canadienne établie à Paris qui a imposé depuis quelques années sa haute silhouette de brune ou de blonde au bord de la crise de nerfs. Dans chacun de ses autoportraits, grimée en pin-up, en hôtesse de l’air ou en demi-mondaine, elle se confronte aux stéréotypes féminins. Maniant autant le glamour que l’autodérision, l’effet de surface que l’abîme existentiel, elle croit dans le “potentiel fantastique” de la photographie, suggérant, avec ses images grinçantes de sainte nitouche, “une réalité trouble derrière la façade lisse des apparences”. Une grande partie des photographies de l'exposition est issue d'une production inédite de l'artiste. Kourtney Roy est représentée par la Galerie Catherine & André Hug à Paris.


MAT JACOB
DE VOUS à MOI
Mat Jacob a parcouru la Chine, le Mexique, la Russie, la Birmanie, la Cisjordanie, dressant une cartographie discrète et sensible de la planète et de ses habitants, nomade invétéré arrimé aux démarches inconnus, aux sourires inattendus, à l’ébauche de gestes ou de paroles. Mat Jacob cherche à trouver une juste distance avec le monde, avec les passants qu’il photographie, donnant corps et âme à chacune de ses images. Il livre à Vichy quelques visages et rencontres, instants furtifs saisis au cours de 25 ans de voyage à travers le monde. Et plus encore, autant d’années de réflexion sur le pouvoir d’incarnation de la photographie. Mat Jacob est représenté par le collectif Tendance Floue.


L'UNE ET L'AUTRE
CARNETS DE ROUTE
La collection des "Carnets de route" présente une série de récits photographiques élaborés dans les ateliers 100 Voix ! ouverts aux victimes de l'exclusion et résidante dans les structures d'accueil de l'association Aurore. Tantôt l'une, tantôt l'autre, ces femmes blessées se réapproprient leur identité au fil de l'élaboration de leurs récits singuliers dont l'authenticité se révèle dans chacune de leurs photographies. Eugène Smith dit que "parfois la photographie est une petite voix". La leur force l'écoute. Nous remercions chaleureusement celles et ceux qui leur ont permis de se faire entendre. Photographies des ateliers animés par Sarah Moon et José Chidlowski


LES COUPS DE CŒUR
off the wall
Portrait(s) invite le regard croisé de deux coups de coeur du volume 6 de la revue Off the wall, Irina Ionesco, 50 ans de photographie et la jeune Romina Shama. Deux belles rencontres, deux artistes à l’écriture singulière et émouvante.


IRINA IONESCO
La Française Irina Ionesco capture des femmes mystérieuses et envoûtantes dans un décor gothique et maitrisé. Plumes, dentelles, lèvres sombres, poitrines offertes et visages voilés hantent les images que signe la photographe.


ROMINA SHAMA/RACHEL ROM
Romina Shama photographie la mode avec une empreinte romantique et rock. Les portraits de Rachel Rom se jouent des codes de l’usage de la lumière pour révéler une image nouvelle. Deux identités pour une même artiste à l’image très cinématographique. Rachel Rom est en effet le pseudonyme de la photographe de mode Romina Shama. Une sorte d'alter ego, né en 2011 lorsqu'elle commence à transgresser le média, une manière de prendre de la distance, de se dématérialiser un peu comme ses oeuvres. Rachel Rom est représentée par la Galerie E.G.P à Paris et New York.


ELLIOT ERWITT
COMEDIE HUMAINE
Elliott Erwitt est un photographe de la comédie humaine qui a rejoint l’agence Magnum en 1953.. Il n’a pas son pareil pour observer le monde et l’homo sapiens avec cet oeil décalé et espiègle qui a fait sa notoriété. Qu’il surprenne un baiser dans le reflet d’un rétroviseur, Jackie Kennedy sous sa voilette noire de funérailles ou bien une ravissante ballerine anonyme se reposant en coulisse, il y a chez ce photographe une forme d’empathie avec l’humanité qui n’empêche ni l’humour ni l’autodérision, visibles dans ses autoportraits. Vichy Portrait(s) présente une rétrospective de près de soixante images réalisées depuis plus de cinquante ans par ce photographe mythique. Elliott Erwitt est membre de l’agence Magnum Photos.

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