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Julie Bourges

« Umbra » Mon ombre recouvre les murs, vertigineux reflet de mon absence. Le temps est hors de lui. La ville n’a plus lieu. Elle a été recouverte par les racines grimpantes de la réminiscence. La solitude m’accompagne, peuplée d’images, de rêves et de mémoires. Mes fantômes se multiplient, glissent sur les murs. Et la ville prend la couleur des tombes, écrasée sous le poids des ombres qui refusent de livrer leur sens.

Julie, nous parle de son travail et sa recherche de ses ombres


Après avoir photographié Paris la nuit pendant des années, la lecture du livre de Jean Baudrillard «Car l’illusion ne s’oppose pas à la réalité », a profondément modifié ma façon de voir ce lieu si familier. « Car c’est l’objet qui nous voit, c’est l’objet qui nous rêve, c’est le monde qui nous réfléchit, c’est le monde qui nous pense. Telle est la règle fondamentale.» La ville m’est apparue transformée, comme si j’avais découvert un monde parallèle. Ce changement de perspective - ce renversement – m’a libéré de Paris et du poids de son image. D’une représentation classique de la ville, ma photographie s’est orientée vers une libre interprétation d’un espace devenu plus mental que réel. Désormais, mon écriture est devenue plus instinctive et abstraite. L’invisible affleure sous la surface de l’image laissant apparaître les projections de mon inconscient. Umbra, qui en latin désigne à la fois l’ombre, le reflet et le fantôme, devient ici une expérience intime et solitaire du paysage urbain.


Julie Bourges vit et travaille principalement à Paris. Elle est membre sociétaire de l’agence coopérative Picturetank. Née en 1981, Julie Bourges a débuté la photographie en se consacrant à l’actualité et au documentaire après une formation en photojournalisme à l’Emi-CFD. C’est avec sa série « Flamencos », coup de cœur Bourse du Talent 2008, qu’elle se tourne vers une écriture plus personnelle. Aujourd’hui, tout en assurant des travaux de commande pour la presse et la communication, Julie travaille sur des univers oscillant entre abstraction et onirisme. En 2012, elle achève la série « Umbra » (« Ombre », mais aussi « reflet » et « fantôme » en latin), transposition dans l’espace urbain parisien d’un territoire intime, à l’occasion d’une balade nocturne empreinte de mystère et de poésie. Dans son travail en cours, « Les corps absents », elle questionne son rapport à la famille et à ses ancêtres à travers une quête sans nostalgie de la mémoire et des traces.


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