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Rafael en tri-chromi_3 ( Français)

Suite Dans l’ouvrage intitulé « L’Art catalan contemporain, création plastique critique » (1972), Alexandre Cirici qualifie, dès 1963, Rafael ARMENGOL, ainsi que BOIX et HERAS, de précurseurs du néoréalisme. Ils constitueront le premier groupe, bientôt suivi par d’autres, à s’adonner à la critique sociale (Chronique de la Réalité). L’auteur du livre parle de la technique employée par l’artiste à cette époque en ces termes : « un fascinant trompe- l’œil témoignant non seulement d’une grande habileté mais également d’une grande facture classique ». Dans le même ordre d’idée, Tomas Llorens (Revue Suma y Sigue, mars 1966) évoque l’intérêt d’ARMENGOL pour les processus d’élaboration de ses œuvres tendant vers un art expérimental. Dans sa période la plus récente, il explore la perception visuelle ouvrant la voie à un néo-impressionnisme utilisant le langage des méthodes contemporaines de production d’images, de codage et de décodage chromatique. 
L’œuvre intitulée « Piero della Francesca » offre le meilleur exemple de cette décomposition chromatique que vous pourrez aussi apprécier dans différents travaux proposés dans cette exposition. Son répertoire iconographique s’étend des fresques de la Villa des Mystères à Pompéi au pop art américain en passant par les artistes du XIVème siècle et le fauvisme, autant de références révélant sa relecture de l’histoire de l’art. Il fait preuve d’une véritable maîtrise plastique dans sa façon d’utiliser les moyens picturaux et graphiques en vue de conjuguer avec précision ses besoins d’expression et de communication. Son art revisite souvent et sans complaisance certaines réalités telles que celles de la société espagnole, de l’histoire de l’art ou de la société de masses contemporaine. Comme l’a signalé fort à propos Bernat Montagut, la beauté plastique de ses œuvres tempère ses allusions empreintes de critique et d’ironie. L’exposition présente sa création « éclatée » dans le sens où elle inclue tous les éléments caractéristiques du savoir-faire artistique d’ARMENGOL. Amour et respect de ce qui a de la valeur, représenté en l’occurrence par la « Camera degli Sposi » de Mantegna, et objectif d’accomplir un travail ponctuel, doublé d’une charge esthétique en syntonie avec le moment présent tant sur le plan du panorama plastique que de l’expérience accumulée tout au long de sa production artistique. Pour illustrer cela, on peut recourir à bon escient aux mots de Charles Lalo rapportés par Roma de la Calle : « Tout peintre possède un art de voir qui lui est plus ou moins particulier. Il s’ensuit que chaque peintre va aussi se fabriquer un système particulier, un art de faire ». d’après le site de ACMCM
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