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Bruno Baudry

A voir sans modération Texte a venir!! Bio: Bruno Baudry En quelques lignes… Début de parcours dans le Nord, où il naît il y a une (bonne !) soixantaine d’années. Peut-être faut-il y chercher quelque chose de son goût pour les lumières douces, les ciels bas, la brume parfois, en même temps qu’une certaine méfiance des contrastes excessifs en photographie ! Premières expériences photographiques à 13 ou 14 ans avec un appareil Photax en bakélite qu’il emprunte à son père. Photos dans le cadre du quotidien familial, de vacances à la campagne, et puis aussi sur les stades d’athlétisme, qu’il fréquente alors beaucoup. Etudes secondaires, puis supérieures de Lettres et en publicité. Mai 68… Vit en totale harmonie les années beat puis hippie. En Angleterre pendant un an en 1969. Sur la route en Inde en 1970. Puis vit en Amérique du Sud jusqu’en 1973. La photographie accompagne ces épisodes de vie, à l’instinct et en autodidacte. Le Kodak Retinette a remplacé un temps le Photax. Puis ce seront les premiers reflex, Asahi Pentax Spotmatic II, Nikkormat FTn, Nikon F et F2, et aussi le Leica M2. Retour en France. Et l’occasion d’intégrer la direction de la communication de Nikon France (même si ça ne s’appelait pas comme ça à l’époque), de rapprocher une formation de publicitaire et des envies d’images, un choix aussi pour assurer le quotidien de la famille sans trop de frustration côté passion ! L’époque est alors aux grandes heures du reflex, à la mise en avant du travail des professionnels. D’où des années marquées par les relations avec les photographes stars d’alors (Jeanloup Sieff, Helmut Newton, les agences de presse et tant d’autres), le commissariat d’expositions à la galerie Nikon, les heures passées dans les studios de prises de vues, les rencontres d’artistes (Salvador Dali par exemple), etc… Il photographie la scène, les concerts de jazz, Stan Getz, Dexter Gordon, Sonny Rollins… C’est aussi l’époque de sa « rencontre » avec la danse – toutes les danses - qui orientera ensuite son regard sur le corps, sa fascination pour le mouvement et partant, influencera son approche photographique. Maurice Béjart, Carolyn Carlson bien sûr, mais aussi le butô (il est au Nouveau Carré Silvia-Monfort à Paris pour l’arrivée en Europe de cette expression artistique japonaise, avec Carlotta Ikeda, Yumiko Yoshioka et Ko Murobushi), la danse africaine, etc… Plus tard viendra la découverte de la danse orientale. Questionnement sur la tentation de l’instant décisif magistralement saisi en une fraction de seconde, ou au contraire celle de la trace, du mouvement imaginé comme un trait d’union entre un plus tout à fait et un pas encore. A l'arrêt sur image, il préfèrera souvent la fluidité. On n’arrête pas le temps, on l’évoque… Passage chez Fujifilm au milieu des années 80. Création d’un service relations presse, activité ensuite élargie à l’évènementiel sport de la marque et à tout l’incentive qui va avec (beaucoup de voile, France 98 de football, etc.), avant un retour à la communication vers les milieux de l’image professionnelle, les grands festivals photographiques… Encore les voyages. Et toujours aussi le regard du photographe, en même temps que la curiosité du faux dilettante, sur les territoires pluriels qu’il a investis : le corps, l’intime, mais aussi la douceur du quotidien, l’errance. Et d’autres jardins secrets encore à révéler… Arles, Paris… Le temps vient un jour des premières expositions autour du travail accumulé au fil des années sur le corps féminin, souvent nu, toujours fuyant. Entre sensualité et mystère de l'être. Et si l’arachnéen sait se faire indécent, toujours la féminité s’exhibe hors du charmant, l’intimité se trouve reconsidérée. Techniquement, le matériel a pu être très présent parce qu’aussi très disponible dans les débuts, mais il s’en est progressivement écarté autant que faire se peut, privilégiant un principe d’économie technique dont il se sent bien, plus concentré peut-être sur l’essentiel (changer à tout instant d’objectif photographique, c’est comme à tout instant changer de lunettes, disait Robert Bresson). Il reste par ailleurs, aujourd’hui encore, profondément attaché à l’argentique et au noir et blanc. A l’évidence parce qu’il est né avec cette technologie et a toujours baigné dedans. Mais aussi parce qu’en argentique, l’attente fait partie du processus de découverte, et qu’à une époque où il faut tout faire très vite, disposer de tout dans l’instant, une certaine lenteur peut aider à la décantation, au recul nécessaire, à l’objectivité par rapport à chaque séquence photographique. A suivre… Le 03 avril 2012 Bruno Baudry
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